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Posts Tagged ‘Banque centrale argentine’

Un terme que l’on utilise depuis longtemps :
Quand un roi fainéant, la vergogne des princes,
Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces,
Entre les voluptés indignement s’endort,

Malherbe (1555-1628) II, 1.

Mais qui prend aujourd’hui tout son sens en Argentine. On utilisait aussi la forme vergonde qui est inusitée aujourd’hui, mais qui a laissé le terme dévergondé.

Certains m’ont demandé d’expliquer le tohu-bohu présidentiel, celui de l’opposition, de la banque centrale, etc.
Les DNU, décrets d’urgence et de nécessité, qui ne servent qu’à faire passer des lignes comptables d’un endroit à un autre dans le budget, sans avoir à en référer à qui que ce soit, c’est ainsi que depuis la crise de 2001 le pays est géré.
Un budget 2010 qui avait inclus le paiement de la dette, un décret qui prend de l’argent à la banque centrale pour la payer (une deuxième fois ?) de nouveau.
Intervention de la justice, du Sénat, de l’Assemblée nationale, tout cela après la tragicomédie du limogeage du patron de la Banque Centrale.
Et puis une présidente qui devant les chambres annonce : J’ai annulé le DNU ?
Cris de victoire !
Puis, arrogante, j’en ai signé un autre, le même, et les fonds ont été transférés.
Et madame Hebe de Bonafini, danseuse de carmagnole depuis son plus jeune âge, qui naguère considérait la dette illégitime, d’applaudir des deux mains au paiement de celle-ci, contre, il ne faut pas être bien sorcier pour le savoir, le paiement de celles de son association des Mères de la Place de Mai, fort respectable d’un autre côté.

Une présidente qui non contente de donner des coups de canifs à une constitution qui n’en peut mais, appelle son opposition factieuse, en déclarant qu’elle ne se soumettrait ni aux décisions de justice ni à celles des élus.
Vous voulez des explications ?
Un panier de crabes, mon bon monsieur, c’est tout, et qui pourrissent si vite sous le soleil de cette fin d’été qu’ils ne seront même pas utilisables pour faire de la soupe !

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Cristina Kirchner lors de sa conférence de presse

Cristina Kirchner lors de sa conférence de presse


Une Cristina plus Kirchner que jamais s’est présentée hier devant la presse, crispée, arrogante, niant les réalités les plus évidentes et évitant de répondre aux questions qu’on lui posait.
Elle n’ira pas en Chine, elle n’a pas confiance dans le vice-président, Cobos, qui est devenu le chef de file de l’opposition et qui serait capable de faire n’importe quoi en son absence, comme convoquer l’Assemblée nationale par exemple.
Ce dernier a répété à plusieurs reprises qu’il ne ferait pas, mais celui que ses proches appellent maintenant Cobos Iscariote méritait dans la logique Kirchnérienne d’être ainsi présenté comme le traître à la Patrie, tout comme la presse et les juges qui se refusent de suivre à la lettre les suggestions du pouvoir.
Elle va quand même convoquer la commission bicamérale, ce qu’elle aurait dû faire depuis 12 jours maintenant, pour l’instruire de son désir de limoger le Directeur de la Banque Centrale. Donc exit Redrado.
Que la commission soit d’accord ou non, la décision de la Présidente est celle qui compte. Cela aura au moins l’avantage de clarifier les raisons exactes de son mécontentement, de les rendre publiques et de respecter les régulations de la Banque centrale.

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Qui sont les responsables de cette crise institutionnelle qui fait couler beaucoup d’encre ? D’après Cristina ce sont, et pas forcément dans cet ordre, La Nacion, Clarin, Redrado, le Vice-Président et l’opposition qui sont tous vendus aux hedge funds qui viennent d’obtenir une saisie conservatoire sur un compte de la banque centrale à New York.
Les hedge funds appelés ici les fonds vautour.
En fait si Cristina n’avait pas décidé de créer un fonds du bicentenaire pour y placer quelques milliards destinés à payer ceux qui n’ont pas adhéré à la renégociation de la dette, cesdits vautours n’auraient pas eu d’arguments pour procéder de cette manière.
Monsieur le juge, monsieur le juge, ont-ils dit, l’Argentine rouvre les portes d’une renégociation et met de l’argent de côté, nous ne voulons pas être oubliés dans cette opération, patati, patata…
C’est bien cette mesure qui avait ému fortement Redrado et qui a valu son limogeage.
Je me posais la question de savoir qu’est-ce qu’un vautour pour un pays ?
Par exemple, ce pourrait être une personne qui achète à vil prix des terrains fiscaux, auxquels personne si ce n’est lui et ses copains ne peut avoir accès, et les revend 30 fois le prix dans les mois qui suivent.
Comme les Kirchner l’ont fait dans le Sud, me direz-vous ?
Oui, sauf que le vautour argentin est un animal protégé, faut pas tout mélanger.

À propos de vautour, j’ai rencontré une vieille connaissance, ex-haut fonctionnaire à la banque centrale et aujourd’hui chargé de l’engineering financier d’une banque locale qui gère, entre autres, les grosses entreprises de génie civil chargées des contrats locaux pour la construction de routes et d’autoroutes. Les commissions et rétro commissions sont de l’ordre de 50 % m’a-t-il confirmé.
Encore des vautours locaux !

Ce qui m’a fait immédiatement penser à cet ami argentin qui travaille pour une société brésilienne désirant vendre du matériel à PDVSA au Venezuela. À moins de 40% de bakchich, rien à espérer du côté de l’industrie pétrolière vénézuélienne.
La bolibourgeoisie ne se mouche pas avec les doigts non plus.

Bon, ben on n’est pas sorti de la merde les enfants !

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Si vous n’avez pas compris les deux derniers articles, l’explication d’un des meilleurs comiques argentins ne va pas forcément vous éclairer davantage.

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On aimerait en rire, mais les atteintes permanentes du couple au pouvoir contre la démocratie et la justice laissent un goût amer dans la bouche.
Après avoir été limogé, Redrado a donc été remis en place par une juge du Tribunal du contentieux administratif, les fonds du bicentenaire, comme on les appelle, par une autre décision de justice de cette même juge sont bloqués à la banque centrale.
L’appel formulé par le gouvernement sera étudié en son temps, c’est-à-dire que la juge laisse aux assemblées le temps de faire ce qui aurait dû être fait avant d’émettre des décrets présidentiels qui ne correspondent pas aux obligations de la Constitution.
On passera sur les pressions faites sur la justice, de différentes manières, jamais élégantes, toujours stressantes, mais les décisions rendues ces derniers jours confirment ce qu’avait dit Carmen Arbigay, juge de la Cour Suprême : bien sûr, il existe des pressions qui sont exercées sur la justice et les juges, certains s’y plient, d’autres pas.
Que dire de plus, la banque centrale est bicéphale, les décisions sont lentes et difficiles à prendre, parmi les élus qui devront statuer sur le paiement de la dette avec les fonds destinés à garantir la monnaie et la destitution de Redrado, certains, collaborateurs fidèles du pouvoir en place, décideront de se faire une hyménoplastie peut coûteuse en cette fin de règne, tout comme Redrado qui a magnifiquement réussi sa sortie, ou bien décideront, pour une dernière ou avant dernière fois de profiter des prébendes du pouvoir.
On l’aura compris, rien n’est gratuit à Kirchnerlandia. L’image du pays, une fois de plus, en aura pris un sérieux coup, pas grave, dans une démocratie populiste, la faute est toujours attribuée aux prédécesseurs par les nouveaux élus, j’en connais même un, un peu plus au nord qui joue cette carte depuis 12 ans maintenant.

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Martin Redrado
Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut remonter en arrière, à cette fameuse négociation entre les créanciers et teneurs de bons du Trésor après la crise de 2001 2002.
Pour une valeur bien inférieure à la dette, d’autres bons ont été émis et une bonne partie de ceux-ci arrivent à échéance en 2010.
Les recettes fiscales ne permettront pas de couvrir ces échéances même si le gouvernement fait tout pour accroître la consommation, bien souvent de manière artificielle et génératrice d’inflation.
Et comme les créanciers de l’Argentine savent parfaitement lire un budget, mieux que les Députés et Sénateurs du pays, ils s’en sont naturellement émus, d’autant que des dépenses considérables sont prévues pour les fêtes du bicentenaire. Un bicentenaire qui a bon dos pendant lequel la Présidente compte bien multiplier par trois les aides données aux familles les plus pauvres, pour être plus précis multiplier par trois le nombre de familles recevant des aides de l’État.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, parce que vous le lisez dans vos journaux en France, les Kirchner se sont pas progressistes, il s’en faut de beaucoup, ou alors ils le sont simplement pour eux-mêmes et leurs amis, ils n’ont fait que mettre en place un système populiste, nationaliste et clientéliste.
Martin Redrado, piètre économiste, mais excellent politique a été nommé Directeur de la Banque centrale par Nestor Kirchner et ne fut pendant toutes ces années que l’instrument qu’avait choisi le Président pour contrôler cet organisme. On sait ce que valent les déclarations d’indépendance des banques centrales dans nos démocraties pour se faire une petite idée de ce qui se passe par ici.
Bref, à Kirchner les décisions et à Redrado les honneurs, les voyages, le cirage d’ego qu’il porte très haut malgré sa petite taille.
C’est alors que Cristina dans l’un de ses discours enflammé et pompeux annonce qu’elle va sortir près de 7 milliards de dollars de la banque centrale pour payer un bout de dette et aider le peuple miséreux , celui qu’elle aime profondément et qui vote pour elle contre espèces sonnantes et trébuchantes. En fait, c’était un discours pour ses amis banquiers locaux et étrangers destiné à les rassurer sur l’avenir de leurs créances. C’est comme ça qu’on fait à Kirchnerlandia.
Martin Redrado a appris la nouvelle, comme tout le monde, en regardant la télévision. Un peu vexé l’ami, mais cela aurait pu passer si son sens politique ne s’était pas mis en éveil à ce moment.
Tout d’abord, cette décision doit être ratifiée par les deux Assemblés, lesquelles depuis le 10 décembre ne sont plus vraiment favorable au gouvernement.
Ce qui l’amené immédiatement au point suivant : s’il accepte il risque de se faire destituer par les élus, perdre sa retraite de privilège et les honneurs dus à son rang.
Contre toute attente, le pouvoir rend aveugle c’est bien connu, Martin Redrado annonça que nenni ma bonne Présidente, les réserves de la banque centrale n’existent que pour garantir la monnaie, je ne suis pas favorable à cette opération qui de toute façon doit être approuvée par les deux assemblées.
Réponse immédiate de la Présidente : J’ai accepté la démission de Martin Redrado.
Réponse de Redrado : Je n’ai jamais donné ma démission et je resterai jusqu’à la fin de mon mandat, en septembre.
Décret présidentiel immédiat : Martin Redrado viré.
Ce qu’elle n’a bien entendu pas le droit de faire, pas plus que d’utiliser les ressources de la banque centrale sans autorisation des deux assemblés selon la constitution. Mais bon, la constitution cela fait maintenant des années qu’on s’assoit dessus.
Ce matin, le gouvernement a obtenu son pognon, l’opposition crie au scandale, la bourse monte, les bons du Trésor aussi, les banquiers ont un grand sourire et les pauvres qui n’ont rien compris applaudissent des deux mains.
Et puis ne vous faites pas d’illusions, Redrado est content, il va toucher le pactole au tribunal et il s’est refait une virginité.

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