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Posts Tagged ‘Martin Redrado’

On aimerait en rire, mais les atteintes permanentes du couple au pouvoir contre la démocratie et la justice laissent un goût amer dans la bouche.
Après avoir été limogé, Redrado a donc été remis en place par une juge du Tribunal du contentieux administratif, les fonds du bicentenaire, comme on les appelle, par une autre décision de justice de cette même juge sont bloqués à la banque centrale.
L’appel formulé par le gouvernement sera étudié en son temps, c’est-à-dire que la juge laisse aux assemblées le temps de faire ce qui aurait dû être fait avant d’émettre des décrets présidentiels qui ne correspondent pas aux obligations de la Constitution.
On passera sur les pressions faites sur la justice, de différentes manières, jamais élégantes, toujours stressantes, mais les décisions rendues ces derniers jours confirment ce qu’avait dit Carmen Arbigay, juge de la Cour Suprême : bien sûr, il existe des pressions qui sont exercées sur la justice et les juges, certains s’y plient, d’autres pas.
Que dire de plus, la banque centrale est bicéphale, les décisions sont lentes et difficiles à prendre, parmi les élus qui devront statuer sur le paiement de la dette avec les fonds destinés à garantir la monnaie et la destitution de Redrado, certains, collaborateurs fidèles du pouvoir en place, décideront de se faire une hyménoplastie peut coûteuse en cette fin de règne, tout comme Redrado qui a magnifiquement réussi sa sortie, ou bien décideront, pour une dernière ou avant dernière fois de profiter des prébendes du pouvoir.
On l’aura compris, rien n’est gratuit à Kirchnerlandia. L’image du pays, une fois de plus, en aura pris un sérieux coup, pas grave, dans une démocratie populiste, la faute est toujours attribuée aux prédécesseurs par les nouveaux élus, j’en connais même un, un peu plus au nord qui joue cette carte depuis 12 ans maintenant.

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Martin Redrado
Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut remonter en arrière, à cette fameuse négociation entre les créanciers et teneurs de bons du Trésor après la crise de 2001 2002.
Pour une valeur bien inférieure à la dette, d’autres bons ont été émis et une bonne partie de ceux-ci arrivent à échéance en 2010.
Les recettes fiscales ne permettront pas de couvrir ces échéances même si le gouvernement fait tout pour accroître la consommation, bien souvent de manière artificielle et génératrice d’inflation.
Et comme les créanciers de l’Argentine savent parfaitement lire un budget, mieux que les Députés et Sénateurs du pays, ils s’en sont naturellement émus, d’autant que des dépenses considérables sont prévues pour les fêtes du bicentenaire. Un bicentenaire qui a bon dos pendant lequel la Présidente compte bien multiplier par trois les aides données aux familles les plus pauvres, pour être plus précis multiplier par trois le nombre de familles recevant des aides de l’État.
Contrairement à ce que vous pourriez penser, parce que vous le lisez dans vos journaux en France, les Kirchner se sont pas progressistes, il s’en faut de beaucoup, ou alors ils le sont simplement pour eux-mêmes et leurs amis, ils n’ont fait que mettre en place un système populiste, nationaliste et clientéliste.
Martin Redrado, piètre économiste, mais excellent politique a été nommé Directeur de la Banque centrale par Nestor Kirchner et ne fut pendant toutes ces années que l’instrument qu’avait choisi le Président pour contrôler cet organisme. On sait ce que valent les déclarations d’indépendance des banques centrales dans nos démocraties pour se faire une petite idée de ce qui se passe par ici.
Bref, à Kirchner les décisions et à Redrado les honneurs, les voyages, le cirage d’ego qu’il porte très haut malgré sa petite taille.
C’est alors que Cristina dans l’un de ses discours enflammé et pompeux annonce qu’elle va sortir près de 7 milliards de dollars de la banque centrale pour payer un bout de dette et aider le peuple miséreux , celui qu’elle aime profondément et qui vote pour elle contre espèces sonnantes et trébuchantes. En fait, c’était un discours pour ses amis banquiers locaux et étrangers destiné à les rassurer sur l’avenir de leurs créances. C’est comme ça qu’on fait à Kirchnerlandia.
Martin Redrado a appris la nouvelle, comme tout le monde, en regardant la télévision. Un peu vexé l’ami, mais cela aurait pu passer si son sens politique ne s’était pas mis en éveil à ce moment.
Tout d’abord, cette décision doit être ratifiée par les deux Assemblés, lesquelles depuis le 10 décembre ne sont plus vraiment favorable au gouvernement.
Ce qui l’amené immédiatement au point suivant : s’il accepte il risque de se faire destituer par les élus, perdre sa retraite de privilège et les honneurs dus à son rang.
Contre toute attente, le pouvoir rend aveugle c’est bien connu, Martin Redrado annonça que nenni ma bonne Présidente, les réserves de la banque centrale n’existent que pour garantir la monnaie, je ne suis pas favorable à cette opération qui de toute façon doit être approuvée par les deux assemblées.
Réponse immédiate de la Présidente : J’ai accepté la démission de Martin Redrado.
Réponse de Redrado : Je n’ai jamais donné ma démission et je resterai jusqu’à la fin de mon mandat, en septembre.
Décret présidentiel immédiat : Martin Redrado viré.
Ce qu’elle n’a bien entendu pas le droit de faire, pas plus que d’utiliser les ressources de la banque centrale sans autorisation des deux assemblés selon la constitution. Mais bon, la constitution cela fait maintenant des années qu’on s’assoit dessus.
Ce matin, le gouvernement a obtenu son pognon, l’opposition crie au scandale, la bourse monte, les bons du Trésor aussi, les banquiers ont un grand sourire et les pauvres qui n’ont rien compris applaudissent des deux mains.
Et puis ne vous faites pas d’illusions, Redrado est content, il va toucher le pactole au tribunal et il s’est refait une virginité.

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